Partez pas comme ça !

La rétention des talents, une question d'écoute

La crise des talents est partout : le spectre du 100% freelance guetterait à l’orée du bois, attendant patiemment son heure. Selon une étude de 2016 réalisée par le cabinet Deloitte, 44% des Millennials disent vouloir quitter leur entreprise actuelle au cours des deux prochaines années. Pourquoi ? Car ils se sentent négligés. Combien sont-ils aujourd’hui ? Face à l’inéluctable, les solutions fleurissent.

Et si nous commencions par arrêter de croire aux méthodes miracles ?

En France, seulement 10 % des employés se disent activement engagés (Sondage Gallup) . Un chiffre extrêmement bas, en ligne avec d'autres pays européens, mais très en dessous des chiffres américains, qui tournent autour de 30 % : la rétention des talents sera l’un des plus gros chantiers RH de ces prochaines années.

Tentons une simple recherche Google sur la « Rétention des talents ». Résultat : on parle de «recette miracle » ; on promet « 7 secrets » ; on vend « la méthode XXXX » ; on conseille de «promouvoir votre marque employeur sur les réseaux sociaux ». Bah voyons. En se penchant sur les livres blancs édités sur le sujet, on voit à quel point la sauce secrète s’appuie sur l’idée du don : donner de la qualité de vie au travail, du bonus, du CE, de l’égo, du pouvoir, etc.

C’est tout de même frappant. On semble oublier que la rétention des talents est avant tout celle des hommes et des femmes à qui appartiennent ces talents ! Si l’on transposait cette idée de rétention à sa vie de couple, le côté « recette miracle » ou « 7 secrets » aurait clairement un goût de marabout africain. Mais dans l’entreprise, aucun problème ! On croit dur comme fer à l’existence d’une formule magique capable de retenir des humains.

“Dans l’entreprise, on parle, mais on ne se parle pas”

Petit, je me rappelle avoir croulé sous une avalanche de dons : cadeaux, cadre de vie idéal, estime parentale… Et pourtant, il me manquait une chose : de l’écoute. À 8 ans j’étais un futur pro du BMX, et aurais aimé en parler à mes parents. Que l’on se parle, et pas uniquement que JE parle : il n’y avait pas vraiment d’écoute.

Si, dans le cadre de l’entreprise, on s’empresse de cliquer sur une recette miracle que l’on regarderait avec dédain dans un cadre personnel, c’est que l’on accepte cette notion fondamentale : dans l’entreprise, on parle, mais on ne se parle pas. Retenir des talents, ce n’est pas seulement donner, mais c’est aussi donner de l’écoute. De l’attention.

Alors ça, allez-vous me dire, c’est fait ! Grand questionnaire annuel, baromètre… On mesure, on fait des camemberts Excel : on prend donc soin de nous ! Sans parler du réseau social interne, qui permet à tous de s’exprimer, de faire des bulles de BD qui se chevauchent les unes sur les autres, de parler, certes… mais pas de recueillir une écoute active ou un quelconque assentiment.

Arrêtons de faire les marabouts, d’allumer des cierges, de croire aux recettes miracles. Retenir des talents, c’est avant tout retenir des femmes et des hommes !

Partez pas comme ça !

toguna

libérons le talent collectif